Les nouvelles thérapies préconisent l’activité physique pour soigner les maux de dos, ne plus subir cette gêne lancinante et éviter que la douleur s’installe. Si les idées reçues sont malgré tout tenaces, ce n’est pas faute d’étudier le sujet. Retour sur une douleur que tout le monde a connu dans son entourage ou sur soi-même.

 

Un paquet d’idées reçues…

« Ne bouge pas, reste au lit tant que tu peux, et repose-toi! », voilà les « idées de grand-mère » que l’on peu entendre très souvent après un lumbago. Ou encore : « Par la suite, lorsque vous aurez à porter des charges, pliez les genoux et gardez le dos droit »…. Difficile de croire qu’ici les causes de ces maux sont traitées, n’est-ce pas?

Contrairement à tout ce que l’on peut penser, un mal de dos ne dure pas toute une vie.

L’ostéopathe réputé plus à l’écoute de ce mal invisible à l’œil nu (où les plaintes sont souvent interprétées comme « exagérées »), est devenu ces dernières années, la première interface efficace dans la tête des gens. Un engouement qui a d’ailleurs suscité beaucoup de vocations. En mars dernier l’exercice de ce métier a été durci afin de contrôler la qualité des consultations (70% des consultations des ostéopathes concernent les douleurs dorsales). Même si les solutions miracles n’existent pas, dans certains cas,  ils peuvent être de véritables restaurateurs de fonctions,  et soulager les dérangements intervertébraux, ou détendre les tensions musculaires comme des antidouleurs.

Des douleurs dorsales, mais quoi exactement ?

Les maux du dos sont souvent rangés derrière des noms comme lombalgies, tour-de-reins… , comment les différencier en quelques mots?

CERVICALGIE : douleur liée à un choc ou à un faux mouvement au niveau du haut du dos ou du cou,

DORSALGIE mécanique ou traumatique : douleur de la partie haute du dos, liée à une mauvaise posture ou à un choc,

LUMBAGO : Douleur aiguë survenant parfois après un effort des vertèbres lombaires,

HERNIE DISCALE : Pincement d’un nerf à la suite d’une compression d’un disque entre deux vertèbres,

Saillie d’un disque vertébral : la majorité des hernies se produisent dans le bas du dos,

Des études qui prônent l’activité !

La meilleure façon de traiter le mal de dos est… de rester actif malgré la douleur. Sûrement plus facile à dire qu’à faire, me direz-vous? L’appel du repos au fond d’un fauteuil est grand lorsque la souffrance ressentie dans le dos s’apparente à de véritables coups de poignard.

Eviter le syndrome du « déconditionnement » est pourtant primordial. Quand le mal au dos survient, on a tendance à le ménager. Moins on le sollicite, plus les muscles s’atrophient, et plus on a mal. C’est un cercle vicieux qu’il faut impérativement rompre, pour retrouver de la force, de la souplesse, et de la coordination dans les mouvements. Par exemple, avec des bras plus forts, vous épargnerez votre dos, quand vous soulèverez des charges lourdes. Il est également important faire travailler les muscles du bas du dos et des jambes.

De manière générale, il s’agit ici, de « renforcement musculaire » et non de « musculation » proprement dite. La nuance est importante. L’objectif de la première notion est de pallier à des faiblesses sans rechercher la moindre performance comme pour la seconde. Ainsi, dans les prochains articles, nous parlerons de chaînes musculaires plutôt que de muscles isolés, d’étirements globaux plutôt que ciblés, de postures plutôt que de mouvements, tout cela en gardant une notion d’équilibre entre haut et bas du corps ou, avant et arrière. Par exemple, si l’on devait quantifier le rapport de force parfait entre les abdominaux et les paravertébraux (et pas seulement les lombaires), il serait de 1 pour 1,3 en faveur des muscles postérieurs.

Les mouvements rapides (pour rattraper un objet qui tombe), ou ceux  fait lorsque l’attention est « ailleurs » (soulever un paquet en pensant à retenir l’ascenseur) doivent être parfaits, sous peine de blessure. Quand la musculature est affaiblie, elle n’a pas le temps de régler le mouvement dans ses moindres détails. Là encore, seule l’activité peut améliorer cette coordination et l’efficacité du muscle.

Alors quelles postures adopter ?

Les postures d’exercices où le bassin se retrouve en antéversion sont intéressantes et à privilégier (ce qu’on appelle avec l’aide des abdominaux et des para-vertébraux : le verrouillage).

L’endurance est à travailler pour permettre à nos chaînes musculaires de maintenir sa position derrière un bureau tout au long de la journée, sans s’affaisser.

Automatiser ses postures de travail, dans la voiture, lors de nos différents déplacements, et « ergonomiser » son bureau sont des actes essentiels pour les personnes touchées par ce mal.

 

Conclusion :

Bougez ! Faîtes un bilan médical : cardiaque, articulaire, musculaire… Alterner les sports, pratiquez 3 fois par semaine au minimum 40 minutes. Il faut bien sûr garder de la modération. Au delà d’une heure de sport / jour les inconvénients empiètent sur les bénéfices.

Il existe en plus,  un effet analgésique de l’entraînement. La douleur se tait pendant l’effort physique. Et ce n’est pas réservé aux sportifs, les bénéfices de l’activité physique pour les patients qui ont des maux de dos sont souvent plus conséquents pour les sédentaires.

Pathologie aux causes multiples, renoncez aux solutions miracles, et gardez confiance en vos facultés de récupération. Choisissez bien votre programme de soins et de rééducation. Si l’origine de ces maux est souvent difficile à cerner, les solutions passent souvent par la reprise de l’activité physique. Gardez en tête qu’on ne souffre pas du dos toute une vie!

Julien V.

 

Références :

Pr. Hugues Pascal-Mousselard (juin 2012), Revue L’Express, 76-77.

Article du Dc Stéphane Cascua, (2010). Centre de traumatologie de La Défense, Paris.

www.eureka-sport.com


%d blogueurs aiment cette page :