Suite à vos questions, voici un article qui pourra éclairer certains d’entre-vous sur l’apparition de douleurs aux genoux. Cet article tiré du site médical du Dc Jean Etienne Perraudin vous expliquera simplement d’où peut provenir la douleur, qu’elles peuvent en être les causes et comment adapter sa pratique pour soigner cela. Encore une fois, gardez en tête que l’arrêt total de la pratique physique n’est pas à préconiser, en revanche une adaptation est indispensable.

Qu’es-ce qu’un syndrome rotulien?

C’est l’ensemble des symptômes liés à la souffrance du cartilage de la rotule. Ces symptômes sont aussi divers que douleurs, craquements, blocages, dérobements… L’évolution et l’intensité des symptômes sont très variables . La gène apparaît souvent après un changement de rythme, un traumatisme, une intervention chirurgicale . Un patient porteur d’une usure évoluée du cartilage des deux rotules (arthrose) peut ne pas être gêné ou n’être gêné que par un seul des deux genoux : il n’y a donc pas de parallélisme entre les lésions et la gêne ressentie.

Quels sont les facteurs qui déclenchent l’apparition de ce syndrome?

La rotule est un maillon du système extenseur du genou : le quadriceps (le muscle de la cuisse) se fixe sur la rotule, elle-même attachée au tibia par le tendon rotulien. La contraction du quadriceps tire la rotule vers le haut et en l’appliquant sur le fémur entraîne l’extension de la jambe.

Si les tendons des ischio-jambiers sont raides, ils résistent à l’extension et le quadriceps doit tirer plus fort sur la rotule ce qui augmente donc la pression sur le cartilage rotulien. La rotule est donc prise en « sandwich » entre le quadriceps et les ischio-jambiers.

Une explication possible de l’apparition du syndrome rotulien est la survenue d’un changement de rythme physique (choc, traumatisme du genou, surentraînement, changement de chaussures, intervention chirurgicale sur un membre inférieur,déménagement, …) qui rompt cet équilibre entre les systèmes extenseur(quadriceps) et fléchisseur (ischio-jambiers).

Lorsque le cartilage rotulien devient sensible, la contraction du quadriceps sur le genou plié provoque la douleur : Le quadriceps ne peut alors fonctionner normalement et il perd de son volume, ce qui aggrave le déséquilibre.

Pourquoi la rééducation ?

La faiblesse du quadriceps entraîne la prédominance des muscles fléchisseurs du genou (les ischio-jambiers) qui peuvent devenir douloureux (douleur derrière le genou). Cette raideur des fléchisseurs augmente le travail de l’extenseur (le quadriceps) lors de la marche (à plus forte raison lors de la montée des escaliers). La rotule se retrouve coincée entre les deux systèmes, extenseur et fléchisseur, ce qui augmente la pression sur le cartilage rotulien et donc les douleurs et le syndrome rotulien.

De la même façon, en fin de journée, le genou peut se dérober, flotter (impression de faiblesse), partir en avant ou en arrière.

Les principes de la rééducation :

Etirements des différents muscles et tendons du genou en insistant surtout sur les ischio-jambiers (muscles fléchisseurs du genou) sont fortement recommandés.

Il faut apprendre ces exercices d’étirements et prendre l’habitude de les faire chaque jour. Travailler le quadriceps en isométrique (simple contraction du muscle sans entraîner le déplacement, sans résistance) et en piscine :

Une bonne activité physique consiste à nager en faisant des battements de crawl dans l’axe (crawl, dos crawlé pour s’échauffer puis sur le dos sans les bras avec ou sans planche).

Puis, lorsque vous vous en sentirez capable, reprenez les activités que vous aimez, sans chercher la douleur et avec une idée essentielle : être progressif dans la reprise. Si la douleur revient, il vaut mieux arrêter et reprendre votre rééducation.

Dans la vie quotidienne en période douloureuse:

– évitez temporairement les gestes qui font « mal » (pendant le geste ou les jours qui suivent) jusqu’à l’amélioration de votre douleur.

– portez éventuellement une genouillère à fenêtre rotulienne,

– marchez le genou verrouillé en extension active, ce qui permet de mettre au repos la rotule, de faire travailler son quadriceps en « isométrie », d’étirer les muscles postérieurs et d’éviter les « lâchages ». Et ceci à chaque pas…

Dans le cas d’une crise douloureuse aiguë (blocage), ne pas hésiter à contacter votre médecin généraliste pour des médicaments (antalgiques ou anti-inflammatoires) et une nouvelle ordonnance de rééducation.

Lorsque vous irez mieux, il faut se méfier:

-du piétinement, de la descente des escaliers,

-se méfier de la brasse (à éviter si votre genou est douloureux)

-se méfier des randonnées en montagnes (la montée se passe bien, la descente est douloureuse; grand intérêt des bâtons télescopiques…).

-se méfier du vélo, certains le supporteront très bien (si progressif), d’autres non.

Bon courage à toutes les personnes atteintes. Bonne rééducation.

Référence :

D’après un article du Docteur Jean Etienne Perraudin (http://www.docteurperraudin.com/douleurrotulienne.htm)

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