Suite à vos questions, penchons nous aujourd’hui sur une douleur spécifique liée à la pratique sportive. Ne vous trompez pas, Nous restons dans le domaine du sport, quand nous abordons le syndrome de l’essuie-glace. Sous ce terme original se cache une dénomination plus scientifique : le syndrome de la bandelette ilio-tibiale.

 

 

Rappels anatomiques

D’une façon simplifiée, cette bandelette ilio tibiale est une large bande fibreuse qui descend le long de la face externe de la cuisse. En haut, au niveau du bassin, elle correspond à la prolongation d’un muscle (tenseur du fascia Lata), mais également d’une membrane (aponévrose fémorale superficielle) directement en relation avec les muscles fessiers.
Cette bandelette est perceptible sous la peau. Elle descend vers le genou pour contourner sa face externe et aller s’insérer sur un relief osseux sur le tibia (tubérosité de Gerdy). Le rôle de cette bandelette est de stabiliser et renforcer le compartiment externe du genou.
Lors des mouvements de flexion extension du genou, l’insertion basse pivote d’avant en arrière sur la face externe du tibia, et frotte contre la tubérosité osseuse, source d’inflammation du tendon.

Description, traitement et prévention :

Elle  présente quelques particularités. Au repos, lors de la marche, lors d’activités sportives qui nécessitent des courses irrégulières, comme le tennis, le basket, ou même lors de certaines activités en charge telle que le ski, il n’existe aucune douleur. Mais on la rencontre fréquemment lors de certaines activités sportives, telles la course à pied, le vélo, la marche en descente en montagne.

Le début est souvent insidieux, sous forme d’une douleur modérée sur la face externe du genou, n’apparaissant qu’au cours des longues sorties de course à pieds ou de vélo, lors d’une fatigue importante, ou de sollicitations soutenues, mais ne laissant aucune trace dès la fin de l’entraînement. Puis la douleur survient pour des kilométrages de plus en plus faibles, et persiste après l’effort. La douleur peut parfois réapparaître lors de la marche ou la montée des escaliers.

Cette douleur est déconcertante, car elle est perçue suffisamment vive pour limiter l’entraînement, mais disparaît presque spontanément, autorisant dès le lendemain une séance difficile sans qu’elle ne réapparaisse!

L’examen médical recherchera dans un premier temps l’absence de signe ligamentaire ou méniscal. Différentes manipulations permettent d’évoquer le diagnostic, dont le test de Renne qui consiste à réveiller la douleur par un appui unipodal genou fléchi à 30/40°.

Certaines anomalies morphologiques telles que le genu varum/valgum représentent des facteurs de risque, et devront être identifiées pour envisager une correction orthopédique.  L’ examen podologique qui peut déboucher sur la prescription de semelles orthopédiques de correction est donc indiqué. Le contrôle de la chaussure de sport est également essentiel.

Comme toutes les tendinites, ce syndrome est sensible à la physiothérapie et anti-inflammatoires, associés à un repos sportif relatif, parfois une simple diminution du kilométrage dans les stades précoces.

Comment prévenir ?

Cette bandelette est le lieu de convergence de plusieurs tensions musculaires, que ce soit lors des efforts ou pour le maintien de l’équilibre.
Il faut assurer une bonne souplesse de l’aponévrose fémorale superficielle, par des étirements adaptés du quadriceps, sans oublier le grand fessier qui s’insère aussi sur cette aponévrose et contribue ainsi à sa plasticité.

En cyclisme, ce syndrome peut être aussi révélateur d’une technopathie, en rapport par exemple avec une position ou une hauteur inadaptée de la selle qui accentue l’angle de fermeture du genou en flexion. Il peut s’agir également d’une rotation exagérée du tibia sous le genou par des cale-pieds mal réglés.

Conclusion :

Il ne faut évidemment pas laisser cette douleur s’installer et chercher rapidement dans notre pratique ce qui ne convient plus à notre organisme. Les causes peuvent être nombreuses (nous en avons donné quelques unes dans cet article). A vos marques, prêts, cherchez! et surtout trouvez! Les douleurs qui s’insallent sont toujours pus longues à faire disparaître.

Julien Vidal,

Références :

Dr Frédéric Maton, médecin du sport,

www.genou.com

 

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