Il nous arrivent rarement de sprinter jusqu’à la douche à la fin d’une séance de sport. Quel intérêt physiologique avons-nous à tirer d’un progressif arrêt de l’activité physique? Nous savons aujourd’hui qu’une sécrétion d’endorphine est produite par l’hypothalamus et l’hypophyse (ce qui sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article), peut-être sommes nous dans un état qui nous pousse à profiter de ce moment par un effort moins intense.

 

 

Quels sont les avantages et les inconvénients du retour au calme ?

Parmi les grandes traditions de la pratique sportive, le retour au calme tient une place de choix. Depuis la méthode Hébert et le début du XXème siècle, et même la gymnastique suédoise du XIXème, nous trouvons des temps en fin de séance destinés au retour au calme. Que recouvre exactement cette activité ? Quels en sont les intérêts et les limites ? Est il possible de les optimiser ?

Réaliser un retour au calme consiste à maintenir une légère activité physique après un effort. On espère ainsi accélérer l’élimination des déchets métaboliques (lactates notamment) et revenir progressivement à un état de repos physique et psychique. A l’image du premier entraînement fait au lendemain d’une grande sollicitation physique : le décrassage.

En fonction des activités sportives pratiquées, ces moments d’efforts doux ont un intérêt plus ou moins légitime.

Les épreuves d’endurance de type aérobie comme le marathon, le triathlon, se caractérisent par une dépense énergétique totale importante et des micro-traumatismes nombreux au niveau du complexe musculo-tendineux (responsables des courbatures du lendemain).

Ici, le maintien d’une légère activité de type footing, ne fera qu’engendrer un supplément de fatigue physiologique et psychologique qui de surcroît impose un surcharge de contraintes au niveau musculaire, tendineux et articulaire, tout à fait contre-productive.

Par contre, les bains d’eau fraîche auront un effet vasoconstricteur et anti-inflammatoire permettant entre autres, de limiter l’œdème musculaire. Le port de chaussettes de contention facilitera le retour veineux et les programmes de récupération par électrostimulation semblent aujourd’hui donner de bons résultats.

Les activités explosives, comme la vitesse sur piste en cyclisme ou le 400m en athlétisme, se caractérisent par une production de lactates, une activité nerveuse importante. Tout ceci génère du stress sur le plan physique et psychique.

Des études mettent en évidence que dans certains cas le retour au calme permettrait d’accélérer de 50% l’élimination de lactates qui, rappelons le, seront ,de toute façon, évacués dans les 2 heures qui suivent l’effort. Mais si l’impact sur le plan métabolique est limité, d’autres études mettent en évidence que l’intérêt serait essentiellement psychologique, permettant notamment au sportif d’évacuer le stress de la compétition, en gros, de le faire décompresser afin d’être plus disponible pour le repos à venir.

Dans ce cas, la pratique d’une activité différente et peu traumatisante pour le complexe musculo-tendineux semble judicieux : vélo, marche en piscine…

De nombreuses activités se caractérisent par la nécessité denchaîner des efforts explosifs pendant une à plusieurs heures . On pense aux sports de raquettes, aux sports collectifs, voire aux épreuves combinées . On se trouve ici avec une dépense énergétique totale importante, une quantité substantielle de déchets métaboliques et de micro-traumatismes au niveau des fibres musculaires. De plus la tension nerveuse peut atteindre à certains moments des niveaux très élevés.

Outre son impact positif sur la dynamique de groupe dans les sports collectifs, le retour au calme semble ici devoir cumuler les caractéristiques des deux types de retour au calme précédents. Il est utile pour accélérer l’évacuation des déchets  et surtout le stress de la compétition, mais en même temps il ne doit pas générer de fatigue et de contraintes supplémentaires. Ceci est d’autant plus vrai que de plus en plus, la récupération s’apparente à une véritable course contre la montre afin que l’individu soit capable de réitérer les mêmes efforts le lendemain ou le surlendemain. Dans ce cas, gagner une heure dans l’élimination des déchets présente un réel intérêt. Tout se passe comme si le retour au calme préparait aux autres composantes de la récupération : alimentation, détente psychologique, sommeil.

Conclusion :

On retiendra donc que les enjeux du retour au calme sont moins métaboliques que psychologiques et qu’il ne doit pas s’apparenter à une surcharge de contraintes, qu’il s’agisse d’entraînement ou de compétition. A chacun d’accorder à cette phase de transition entre l’effort et le repos, le profil correspondant le mieux à ses besoins et ses possibilités.

Julien Vidal

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