Je réponds individuellement à toutes vos questions concernant l’activité physique ou le sport. Vos nombreuses interrogations sur la course à pied me poussent aujourd’hui à répondre plus généralement par un article. Faisons un point sur quelques idées reçues, les pièges à éviter et les solutions pour pratiquer cette activité tout en capitalisant pour votre santé.

 

Les fausses idées :

Contrairement à ce que certains disent, la course à pied n’est pas dangereuse pour les articulations ou le dos. Il s’agit simplement de bon sens! Commençons par diviser les coureurs en deux catégories :

1- Ceux qui courent régulièrement moins de 40km par semaine,

2- Ceux qui courent régulièrement plus de 40km par semaine.

Prenons la première catégorie. Les joggers bien équipés, même sur du bitume n’ont pas, par définition, une activité physique néfaste à leur santé (articulaire ou autre). Au contraire!

La course à pied est l’entraînement cardio-vasculaire idéal pour tout le monde (à condition d’adopter une allure adaptée qui peut conduire avec l’âge à de la marche rapide ou de la marche « tout court », d’où l’intérêt d’une programmation individualisée).

Les vertus de la course à pied sont multiples, pour certaines femmes qui souffrent d’ostéoporose, les mini-fissures osseuses provoquées par les impacts de la course à pied poussent ces derniers à se densifier lors de la cicatrisation. Ici, plus que jamais cette activité est bénéfique. Ce phénomène est également présent chez chacune des personnes pratiquant le jogging.

Autre exemple, concernant cette fois-ci, les personnes qui ressentent des douleurs dorsales. Si ces personnes ressentent du plaisir dans la course à pied, les forcer à stopper cette activité physique, ne soignera pas la blessure définitivement. En revanche, je suis convaincu qu’en plus de la douleur, de la frustration sera ajoutée à cette situation déjà oppressante. Ne vous trompez plus (faîtes un examen médical pour connaître la gravité de votre blessure), mais dans la majeure partie des cas, les impacts seront une fois encore bénéfiques et masseront vos disques inter-vertébraux, sans pour autant les polir. La course à pied tient plus que jamais (pour qui respecte les distances dans un temps imparti), son rôle de densificateur osseux!

Une autre idée fausse concernant la pratique des runners est liée au bitume. Arrêtez de penser que le bitume s’apparente à des « coups de bâton » dans le dos. C’est faux! Aujourd’hui les fabricants de running testent les meilleures matières pour vous garantir confort, amorti, légèreté et restitution d’énergie. Alors ne courez plus sur les bas-côtés (qui sont d’ailleurs souvent bosselés et en pente), pour éviter quelques mètres ou kilomètres de bitume ; la seule récompense que vous risquez de rencontrer est l’entorse de la cheville. Si vous êtes bien équipé, vous emportez avec vous votre terrain meuble.

Les pièges à éviter :

Le premier qui, pour certains n’est pas le plus simple est de ne pas dépasser « trop régulièrement » ce seuil de 40km de course à pied hebdomadaire, repartis en 3 séances minimum. Là encore, pour répondre aux questions qui me sont souvent posées, la seule précision (ou certitude) que je peux ajouter est que  : »trop régulièrement », signifiera pour certains, 1 seule fois dans l’année et pour d’autres 2 fois par mois avant qu’un souci n’apparaisse.

Dès lors, vous comprendrez qu’un programme adapté prend tout son sens quand on connaît le nombre de paramètres à individualiser pour pratiquer sans risque.

Le second écueil concerne les chaussures. Le problème est qu’une paire de chaussure de course à pied abîmée, n’est pas toujours visible. Parfois, pas de déchirure des tissus, pas d’écrasement visible de profil, semelle correcte et pourtant les procédés techniques ne font plus leur effet! C’est le moment de changer. Quelqu’un qui se vente de faire durer ses running très longtemps accumule à coup sûr, des traumatismes qu’il paiera un jour ou l’autre. Ici la connaissance d’un expert est indispensable surtout pour les personnes victimes de douleurs chroniques.

Je vais répondre une nouvelle fois à plusieurs questions posées par mail. Personne ne peux prédire avec certitude la durée d’efficacité de votre future paire de basket, (sauf s’il vous connaît, qu’il sait sur quel terrain vous courrez, combien de fois, combien de temps et avec un repère de ce qu’a produit la même paire dans une utilisation précédente). Cette durée dépendra de votre foulée, de votre utilisation…Par exemple, si vous courrez 2*100km, vos chaussures doivent être changées ou sur le point de l’être alors que vous aurez à peine dépassé les 200km. Un conseil toutefois pour augmenter la longévité de vos running, évitez de les chausser pour aller faire les courses (préférez dans ces moments les vielles paires que vous aurez nettoyé).

 

Le bonheur de courir compense souvent les excès de la course à pied.

C’est pourquoi il n’est pas insensé de se placer ponctuellement dans la deuxième catégorie de runners (à condition de s’écouter encore plus attentivement, ce que font par exemple, les sportifs de haut-niveau). J’ai moi-même, plus d’une quinzaine d’épreuves longue, voire très longue ou ultra à mon actif, mais le bonheur que m’ont procuré ces compétitions (sur le plan social, du bien-être…) ont surement compensé les effets néfastes des impacts trop réguliers provoqués par ce sport.

Le tout est de ne pas attendre l’apparition des douleurs ou pire, de ne plus pouvoir courir pour s’arrêter! Si vous attendez ce stade, vous risquez de ne plus rechausser de baskets. Les douleurs articulaires sont responsables de plus d’un tiers des arrêts de l’activité physique.

 

Les solutions : 

Diluez dans le temps : Comme me le dit une amie passionnée, spécialiste dans le volley-ball (qui m’a nourri de ses conseils cette année encore), chaque personne a un quota d’heures de sport ou d’activité physique qu’il pourra supporter dans sa vie. Il est individuel, dépend d’une multitude de facteurs (génétiques…). Sans doute que la compétence des sportifs de haut-niveau est d’avoir un capital supérieur à la moyenne. Par conséquent, diluez ce quota dans le temps, cela vous permettra de pratiquer le sport ou l’activité physique que vous aimez plus longtemps.

Variez les activités physiques : elliptique, vélo, natation, renforcement musculaire… Les activités sont multiples pour travailler votre fonction cardiaque ou vos muscles. Varier les « plaisirs sportifs » permet de se défouler tout en reposant certaines parties du corps sollicitées dans la course à pied, et souvent aussi de limiter les impacts qui, passés une certaine quantité sont nuisibles.

Si vous faîtes partie de ceux qui courent plus de 40km par semaine pour préparer un marathon, une autre compétition ou simplement par plaisir, en plus de la deuxième solution ci-dessus, je vous conseille de courir une à deux fois par semaine à la plage, en forêt, sur la pelouse d’un stade pour aider le travail que vos chaussures font à chaque foulée. Ici, cela a du sens.

Conclusion, selon moi il est indéniable que la course à pied recèle bien plus de vertus que de vices. Alors Bon jogging, mais n’oubliez pas de courir avec du bon sens!

Julien Vidal

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