Peu de personnes sont au courant des bienfaits de l’activité physique dans le détail. Pourtant, pour (re)démarrer une activité physique ou un sport, il est primordial que ces explications soient claires afin de guider chacun dans sa pratique. Focus aujourd’hui, sur les bienfaits de l’activité physique pour les diabétiques.

 

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Cela se traduit par un taux de glucose dans le sang (encore appelé glycémie) élevé : on parle d’hyperglycémie.
Les aliments sont composés de lipides (graisses), protides (comme la viande) et glucides (sucres, féculents). Ce sont eux qui fournissent l’essentiel de l’énergie dont a besoin le corps pour fonctionner. Ils passent dans l’intestin, puis rejoignent la circulation sanguine.

Quand on mange, le taux de sucre dans le sang augmente, les glucides sont alors transformés essentiellement en glucose. Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie, et secrète de l’insuline. L’insuline permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme : muscles, tissus adipeux, et le foie où il va pouvoir être transformé et stocké. Ainsi la glycémie peut augmenter légèrement, puis revenir à un taux normal et le glucose être converti en réserves et en énergie. Chez les personnes atteintes de diabète, ce système ne fonctionne pas.

Les deux types de diabète

Le diabète de type 1 (ou maladie auto-immune – environ 10% des cas)

Le diabète de type 1, anciennement appelé diabète insulino-dépendant (DID) est habituellement découvert chez les sujets jeunes : enfants, adolescents ou adultes jeunes.

Les symptômes sont : soif intense, urines abondantes, amaigrissement rapide.

Le diabète de type 2 (environ 85-90% des cas)

Le diabète de type 2 ou non insulino-dépendant (DNID) – apparaît généralement chez le sujet de plus de 40 ans ; cependant les premiers cas d’adolescents et d’adultes jeunes touchés apparaissent en France.

Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique sont la cause révélatrice du diabète de type 2 chez des sujets génétiquement prédisposés. Sournois et indolore, le développement du diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu : on estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic.

DIABÈTE ET ACTIVITÉ PHYSIQUE (AP)

Comme l’alimentation, l’activité physique prévient l’apparition du diabète et joue un rôle essentiel dans le traitement. Bouger, avoir une activité physique contribue à l’équilibre glycémique.

 Quels sont les bienfaits de l’AP sur le diabète ?

Il serait trop long ici d’en expliquer tous les effets, mais citons quelques exemples :

  • Baisse de la tension artérielle,
  • Amélioration de l’insulino-sensibilité (et donc, effet sur l’équilibre glycémique), que celle-ci soit sécrétée par l’organisme ou injectée,
  • Diminution des risques cardio-vasculaires (diminution des graisses abdominales, diminution du mauvais cholestérol (LDL), augmentation du bon cholestérol (HDL),
  • Effets directs sur le psychisme et le physique (sentiment de mieux-être générale)
  • etc…

Pendant longtemps, une majorité de travaux a considéré que l’activité physique était dénuée d’intérêt dans le diabète de type 1. Mais aujourd’hui, plusieurs études montrent que les effets de l’activité physique chez les diabétiques de type 1 sont globalement comparables à ceux observés dans le diabète de type 2. La pratique d’une activité physique est donc conseillée pour les deux types de diabète.

L’AP ne fait pas perdre du poids mais réduit la graisse et fait prendre du muscle : l’AP affine et peut faire perdre une taille (il est donc inutile de se fixer des objectifs irréalistes de perte de poids). Enfin, l’AP améliore la qualité de vie en favorisant le bien-être et l’équilibre en général.

De plus, lors d’un exercice physique, une quantité importante de sucre est brûlée par le muscle, l’action de l’insuline s’en trouve améliorée.

Quels types d’activité physique ?

Aucune pratique sportive n’est en théorie interdite, et certains diabétiques sont des sportifs de haut-niveau. Mais tout le monde n’a pas la même constitution ! Certaines activités seront à éviter ou à privilégier en fonction de votre profil. C’est une question de bon sens. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin. D’une manière générale, on recommande les activités douces ou d’endurance dans lesquelles les muscles ont toujours assez d’oxygène pour brûler le glucose : natation, gymnastique, marche soutenue (30 minutes entre 4 et 6 km/h)…), footing, vélo, etc. Le squash, le tennis où le football, en revanche, demandent des efforts parfois brutaux et obligent l’organisme à aller au bout de lui-même (on parle d’exercice en anaérobie, car il n’y a plus assez d’oxygène pour brûler le sucre).

Règles de sécurité

Il reste que toute activité physique ou sportive n’est pas sans danger pour les diabétiques. Il faut se préparer à la reprise de l’exercice physique ou à la pratique d’un nouveau sport. Ce qui compte, c’est le plaisir, la régularité et le respect de quelques règles simples. Celles que vous transmet votre médecin, comme par exemple de vérifier sa glycémie avant, pendant et après l’effort, d’avoir du sucre sur soi en permanence ; d’adapter son alimentation et ses doses d’insuline en fonction de l’activité choisie… Et celles de tout exercice physique en général : bien s’échauffer, s’arrêter progressivement, s’hydrater, s’étirer…

Après l’âge de 50 ans, ou après 20 ans de diabète, si vous êtes sédentaire, il faut faire un bilan médical préalable avant de reprendre une activité physique ou sportive importante.

Julien Vidal

Références :

www.afd.fr

La conférence « Diabète et sports de l’extrême », du Docteur Saïd Bekka, dimanche 18 novembre 2007, Paris

 

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