Fatigué? Stressé? Attention la fracture vous guette!

Fatigué? Stressé? Attention la fracture vous guette!

La fracture de fatigue est une crainte pour de nombreux sportifs qui essayent de repousser leurs limites. Peu visible (excepté sur une  scintigraphie, ou un IRM), difficiles à diagnostiquer car elles ne surviennent pas franchement comme ses consœurs à la suite d’un choc, elles sont tout aussi contraignantes pour la poursuite de l’effort et de l’entrainement. Mais comment les définir plus exactement? Concernent-elles uniquement les sportifs de haut-niveau ? A quoi est-elle due exactement?

La fracture de fatigue a ses propres particularités :

Décelable par imagerie médicale uniquement 2 à 3 semaines après l’apparition des douleurs, la fracture de fatigue est difficile à guérir notamment à cause de son diagnostic. Il faut bien différencier ces fractures de fatigue de celles qui surviennent facilement chez les personnes qui ont des os fragilisés, par exemple, en cas d’ostéoporose. Dans le cas de la fracture de fatigue, l’os est dense mais est fragilisé à cause d’efforts répétés, prolongés et intenses. Mais pour définitivement comprendre comment elle survient, il faut savoir comment se renouvellent les cellules osseuses.

L’os, un travailleur infatigable :

L’os est un tissu vivant qui se renouvelle en permanence. Au centre, la moelle, fabrique les cellules sanguines. Il s’agit d’une véritable usine de fabrication d’os et de nettoyage de déchets. Pendant que des cellules détruisent et nettoient le tissu osseux abîmé, d’autres fabriquent de nouvelles cellules de remplacement. Ce système de destruction/reconstruction est normalement équilibré mais chez les sportifs de haut niveau, l’os est tellement sollicité, qu’il se détruit plus rapidement et les nouvelles cellules osseuses ne sont pas produites en quantité suffisante. Résultat : il peut se créer sur l’os des micro-fissures ou des lésions plus importantes. Ce ne sont pas des fractures franches mais des micro-fractures très douloureuses.

Mais quels os sont concernés ?

Plus fréquemment visibles sur les membres inférieurs, il faut penser à ce diagnostic quelque soit la localisation de la douleur. Les os les plus souvent atteints sont ceux qui sont porteurs comme le tibia, le péroné, les os de l’avant-pied (métatarses), et plus rarement le talon (calcanéum), le fémur ou le bassin. Pour résumer, l’os concerné dépend essentiellement du type de mouvements pratiqués par le sportif.

Le repos et l’immobilisation temporaire sont la base du traitement des fractures de fatigue. Parfois, une intervention chirurgicale est nécessaire. Le principe consiste à gratter l’os pour le faire saigner et stimuler sa régénération. Mais cet acte ne peut être réalisé qu’à deux conditions. La fracture doit être localisée au niveau d’un os long comme le tibia et il faut aussi qu’elle soit diagnostiquée avant que la fracture ne forme un cal osseux qui rendrait l’intervention difficile.

Qui concernent-elles?

Formées spontanément quand l’os est trop sollicité, on peut comprendre pourquoi qu’elles apparaissent surtout chez les sportifs. Elle concerne surtout les sportifs de haut niveau mais peut aussi survenir chez tous les sportifs amateurs (surtout avec la recrudescence des pratiques extrêmes comme certaines courses d’endurance), surtout s’ils sont mal entraînés. Méfiez-vous donc des douleurs qui suivent l’exercice, je le répète : ce n’est jamais le signe d’une « bonne » séance d’entraînement. Elle peut en effet être un signal d’alarme à écouter : il faut donc adapter ses efforts à sa capacité et à son niveau d’entraînement.

Julien V.stress_fracture_red