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Dans un précédent article (http://www.julienvidal.fr/non-classe/age-et-performance/), nous avions abordé les effets du vieillissement sur la performance sportive. Aujourd’hui, focus sur un thème complémentaire, à savoir l’impact du stress oxydatif et de l’âge sur nos performances.

 

 

Se dépasser, trouver ses limites, lutter contre le temps, la reconnaissance ou le respect, voilà quelques idées naturellement liées à la pratique d’activités sportives en compétition. Mais la compétition ne nous fait-elle pas doucement basculer dans l’excès quand le poids de l’âge se fait sentir? Les compétiteurs savent-ils vraiment relâcher la pression et basculer sur une pratique santé? Voici des questions que l’on peut se poser quand on voit les performances de vétérans dans de nombreuses disciplines. Bref, l’entraînement qu’impose le sport de compétition est-il adapté à tous les âges?

– Le stress oxydatif : de quoi s’agit-il?

Le stress oxydatif est comme son nom l’indique une oxydation des constituants de notre organisme due à un excès de molécules particulièrement nocives que l’on appelle les radicaux libres et qui viennent de l’oxygène que nous respirons pour vivre. Cette oxydation dénature nos protéines, nos lipides, nos sucres et même notre ADN, et par extension, nos membranes cellulaires et nos cellules. Nos cellules et leurs constituants les plus nobles “rouillent” de la même façon qu’un morceau de métal abandonné à l’air libre. Cette agression de nos cellules est une des causes essentielles de notre vieillissement. En quelque sorte nous vieillissons parce que nous nous oxydons… Cette “rouille” permanente de notre organisme est le prix que nous payons à la toxicité de l’oxygène que nous inhalons dés notre naissance mais qui est pourtant indispensable à notre vie, c’est le paradoxe de l’oxygène.

Aujourd’hui, il est clairement admis par l’ensemble de la communauté scientifique que le stress oxydatif est impliqué dans de nombreuses pathologies et apparaît comme l’explication essentielle de notre vieillissement.

Les sportifs de haut niveau, du fait d’une surconsommation d’oxygène à l’effort, et d’efforts physiques intenses, prolongés et répétés à des cadences de plus en plus élevées, sont des victimes privilégiées du stress oxydatif, à tel point que, pour certains spécialistes, le stress oxydatif peut être considéré chez eux comme une «maladie professionnelle»…

Cela veut-il dire que le sport n’est en réalité pas bénéfique à la santé? Qu’il faut arrêter le sport après un certain âge?

Non, car il a été par ailleurs démontré qu’une activité physique modérée mais régulière, en dehors du fait qu’elle protège nos vaisseaux, notre cœur et notre cerveau, diminue le stress oxydatif en augmentant nos défenses antioxydantes.

– Comment faire face aux stress oxydatifs ?

Tout débordement d’oxygène est toxique pour l’organisme. Ils peuvent être provoqués par des maladies (virus, cancers), des réactions inflammatoires, des efforts très intenses, une irrigation des tissus après une ischémie (garrot, intervention chirurgicale), ou même par des coups de soleil.

Pour faire face à ces agressions oxydatives (pro-oxydants), l’organisme possède des antidotes : les anti-oxydants, que l’on trouve dans certaines enzymes, l’alimentation, les vitamines C et E, les oligo-éléments (et le vin à travers le raisin!). Au cours de l’avancée en âge, l’équilibre entre les systèmes pro et anti-oxydants se rompt progressivement sous l’effet de la diminution de la capacité à produire des anti-oxydants. Un déséquilibre entre les pro et anti-oxydants aboutit à la formation de radicaux libres (très toxiques). Ce phénomène accélère le processus de vieillissement.

D’où l’intérêt de privilégier une alimentation saine, d’autant plus avec les années qui passent. La pratique modérée de l’activité physique 3*45minutes hebdomadaire contre-balance largement l’excès de consommation d’oxygène, par les bienfaits qu’elle apporte sur les tissus en augmentant nos défenses anti-oxydantes.

La sagesse vient avec l’âge! (et au contact des femmes!)

Qui n’a pas déjà entendu dire : « à mon âge, je n’ai plus rien à prouver ! ». Cela laisserait supposer qu’avec l’âge, on n’a plus besoin de la reconnaissance qu’elle soit physique ou autre d’ailleurs. Montrer aux autres (et sans doute à soi-même) que l’on est encore performant, que le vieillissement a moins de retentissement sur nous, est une variable qui n’évolue pas avec l’âge chez le compétiteur. On s’invente d’autres modalités de pratique pour franchir de nouvelles barrières. Bref, rares sont ceux qui, parce qu’ils vieillissent, vont être raisonnables et ménager leur corps. Lorsque l’on est compétiteur dans l’âme, on le reste.

S’il est un domaine dans lequel les femmes sont certainement bien différentes des hommes, c’est certainement dans leur capacité à s’affirmer autrement que par la performance physique. Les données sociologiques nous rapportent qu’elles pratiquent moins, mais quand c’est le cas, elles privilégient d’avantage la santé et le bien-être. Messieurs, prenons exemple!

Docteur, mon corps peut-il répondre aux exigences de la compétition ?

Passé la quarantaine, l’examen médical ouvrant l’accès aux compétitions devrait comporter un test d’effort réalisé chez un cardiologue (électrocardiogramme) afin de détecter d’éventuels risques ou faiblesses du système cardio-vasculaire lorsque celui-ci est soumis à un effort exigeant. Cette visite serait aussi une occasion de s’informer sur les précautions à prendre et les signaux précoces d’alerte à reconnaître en cas de surmenage. La mort subite touche chaque année en France plus de 1000 sportifs lors des entraînements et des compétions. Beaucoup pourraient être évitées !

Notons néanmoins que l’entraînement régulier est un élément de prévention important et que statistiquement, les sportifs sont moins touchés que les sédentaires pour lesquels plus de 40 000 cas annuels sont relevés.

Conclusion :

Comme l’on peut s’en douter la compétition ne semble ne pas être la pratique la pus adaptée avec l’avancée de l’âge. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il faut écarter le sport de notre quotidien, bien au contraire. Trouver la pratique adaptée, les intensités et la régularité qui nous convient contribue à la lutte contre le stress oxydatif.

Je ne cesserai de vous délivrer ce conseil : Bougez!

Julien V.

Références :

Thierry Maquet. Sport, santé et préparation physique. (Editions Amphora, 2010)

www.aleo-sante.com

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