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Tous les sportifs connaissent le bien-être ressenti après une séance de sport. Certains parlent d’une bonne fatigue, d’autres des effets de la production d’endorphines. Mais qui sont-elles justement? et quels effets leur connait-on sur notre façon d’être?

 

 

Endorphine, l’hormone du bonheur

Les endorphines sont libérées par le cerveau, et plus précisément par l’hypothalamus et l’hypophyse dans les situations de stress, qu’il soit psychologique ou physique, mais de façon plus significative pendant et après l’exercice physique. Cette morphine endogène (produite par l’organisme) possède une structure moléculaire proche de celle des opiacées. Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l’organisme et le sang.

A quel moment les endorphines sont-elles sécrétées ?

La quantité d’endorphines augmente pendant l’exercice et atteint cinq fois les valeurs de repos, 30 à 45 minutes après l’ arrêt de l’effort. Le taux d’endorphines est directement lié à l’intensité et à la durée de l’exercice, mais aussi à l’activité physique.

Les sports d’endurance sont les plus endorphinogènes : le jogging, le vélo, la natation, les balades en raquettes ou en ski de fond, les sports en salle, type cardio training (rameur, tapis de course) ; mais aussi l’aérobic, le step ; les activités à efforts fractionnés (interval training) l’athlé, le football, le rugby, le basket ou le handball.

Il ne suffit pas de courir pour goûter aux endorphines : il faut maintenir l’effort pendant une demi heure, en gardant un rythme dit confortable en endurance, c’est à dire supérieur à 60% de ses capacités respiratoires. On doit être capable de tenir une conversation. Utiliser un cardio-fréquencemètre permet de rester parfaitement dans cette zone d’effort.

Les effets de la sécrétion d’endorphines

Euphorisant : Cet état particulier est décrit par les sportifs comme un moment d’euphorie, de spiritualité, de puissance, de grâce, de déplacement sans effort, de vision momentanée de la perfection, de flottement dans l’irréel. Les coureurs de fond parlent d’extase. Cet état persiste après l’arrêt.

Anxiolytique : L’effet anxiolytique reconnu de la morphine s’applique également aux endorphines. Les sportifs réguliers sont moins sujets au stress que les non-sportifs. Les études montrent que l’exercice doit être effectué à 70 % de sa fréquence cardiaque maximale, et ce pendant au moins vingt minutes. Débutant s’abstenir! Cet effet anxiolytique persiste pendant deux à six heures. Les endorphines ne sont cependant pas les seules impliquées. Il existe en effet d’autres neuromédiateurs, notamment la sérotonine.

Antalgique : Tout comme la morphine, largement utilisée en médecine pour ses effets antalgiques dans les douleurs rebelles, les endorphines possèdent les mêmes propriétés. Elles agissent de façon identiques en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent la transmission des signaux douloureux et réduisent la sensation de douleur. Elles élèvent le seuil de la douleur et cet effet dure quatre heures après leur sécrétion. En inhibant les douleurs d’origine musculaire ou tendineuse pendant l’effort, les sportifs peuvent maintenir leurs performances.

Attention toutefois, car malheureusement certains signes de douleurs coronariennes ou d’infarctus peuvent également être masqués par cette libération d’endorphines, ce qui peut avoir de graves répercussions.

Anti-fatigue : Pour permettre à l’organisme de s’adapter à cette situation de stress inhérent à l’activité physique intense, les endorphines modèrent la fonction cardiaque et respiratoire. Autrement dit, elles limitent l’essoufflement à l’effort et l’épuisement.

Dépendance : Les sportifs réguliers se définissent souvent comme des “drogués au sport”. Certaines personnes contraintes d’arrêter l’entraînement, pour des raisons professionnelles, se sentiront plus nerveuses, impulsives…”. Dans ce cas là, pour apaiser cette sensation de manque, il existe des substituts : le vélo d’appartement ou la musculation en salle. Pour d’autres personnes ce sont des douleurs inexpliquées qui apparaissent parfois dans tout le corps quand l’AP est stoppée. Les exemples sont suffisamment nombreux pour n’avoir aucun doute sur les effets apaisant du sport ou de l’AP, ce qui peut conduire à la dépendance.

Attention toutefois, à ne pas attribuer des vertus illusoires ou illimitées à la pratique sportive. Le sport réduit les manifestations extérieures de la dépression légère ou modérée, notamment par la libération d’endorphines, mais il ne permet en aucun cas de faire l’économie d’un traitement adapté.

Conclusion :

Oui, le sport ou l’AP pousse le corps à libérer des molécules d’endorphine qui provoquent une sensation de bien-être. Surement pas suffisante pour soigner tous les maux, cette sécrétion peut toutefois pousser les sportifs à trouver cet état régulièrement (au point d’y associer un état de dépendance). La demi mesure est encore ici un bon juge, et doit vous permettre de pratiquer raisonnablement en sachant vous écouter sans pour autant rechercher en permanence un état euphorisant.

Julien Vidal

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