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Parmi les désagréments qui accompagnent la pratique sportive, la survenue de crampes pendant l’effort est certainement la plus connue. Sportifs du dimanche ou athlètes de très haut niveau, personne n’est épargné. Cette contraction musculaire involontaire est handicapante et pousse les plus courageux à l’arrêt de l’effort.

Mais quelle est la cause de cette douleur ? On a longtemps pensé que l’acide lactique, la déshydratation et la perte de sels minéraux contenus dans la sueur (sodium, potassium) étaient responsables. La prise de boisson enrichie de ces mêmes sels minéraux devait donc apporter une solution adaptée. Sauf que cela ne résout rien ! La cause des crampes est donc ailleurs.

 

Des origines multiples et incertaines.

Une crampe est donc une contraction musculaire involontaire  qui perdure et qui devient douloureuse. Elle survient généralement en fin d’effort et se trouve localisée sur les muscles qui ont été particulièrement sollicités. Elle peut aussi apparaître soudainement pendant la phase de récupération. La causalité entre effort et crampe est donc évidente.

Mais l’origine des crampes renvoie à des phénomènes multiples, complexes et pas toujours bien éclairés. Parmi les hypothèses explorées, le système nerveux (ou la commande motrice) pourrait bien jouer un rôle non négligeable en perturbant les signaux de contractions musculaires sous l’effet de la fatigue. Ainsi, notre cerveau ne serait plus capable, au bout d’un moment, d’interpréter correctement les signaux qui permettent le contrôle nerveux des tensions musculaires. Tout se passe comme si les réflexes d’inhibition réciproques entre les muscles agonistes et antagonistes ne fonctionnaient plus. Le cycle contraction-relâchement est perturbé. Des muscles qui devaient normalement se relâcher, ne le sont plus.

Les sels minéraux et l’acide lactique ne seraient pas en cause.

Lorsque l’effort réalisé s’accompagne d’une sudation importante, il était légitime de penser que la perte de sels minéraux pouvait être responsable des crampes. Mais des chercheurs ont observé qu’il n’y avait aucune corrélation entre la déshydratation, la diminution des réserves de sels minéraux et l’apparition de crampes chez des sportifs participant à des épreuves d’endurance. Une étude met également en évidence que, chez les athlètes ayant des crampes en fin d’effort, la concentration sanguine en potassium est plus élevée que chez ceux qui n’avaient pas de crampes. On voit donc ici l’effet contre-productif que pourrait avoir une supplémentation en potassium.
De la même façon, on a mesuré le taux de lactate sanguin chez des athlètes participant à différents types d’effort et l’on a constaté que lors d’efforts intenses qui produisent de grandes concentrations de lactate, il n’y avait pas forcément de crampes. A l’inverse, lors d’efforts de très longue durée, les concentrations en lactate sont à peine plus élevées qu’au repos, pourtant les crampes sont nombreuses.

Comment éviter les crampes ?

La réponse résiderait dans l’entraînement. Il s’agit de confronter son organisme aux états de fatigue perturbateurs afin de favoriser les adaptations favorables de notre système nerveux, à la poursuite de l’effort. Il sera aussi nécessaire de respecter les règles élémentaires de progressivité et de régularité dans la préparation.

Si la fatigue génère une augmentation du tonus musculaire, les étirements sur les muscles qui sont particulièrement sujets aux crampes seront les bienvenus. Dans ce cas, lorsque la phase d’adaptation musculaire sera passée (pas de risque de courbatures), après quelques semaines, faites des étirements de type contracté-relâché-étiré, plus efficaces pour abaisser le tonus musculaire en fin d’entraînement, particulièrement sur les mollets et les ischio-jambiers. Mais n’en déduisez pas non plus qu’il ne sert à rien de boire pendant l’entraînement ! Pour un tas de raisons, l’hydratation est indispensable.
On voit donc que le cerveau est largement impliqué dans les différentes manifestations de la fatigue. Quand certains sportifs disent que « c’est dans la tête », peut être n’ont-ils finalement pas tort !

Julien V.

Références :

Maquet, Ziane. “Sport, santé, préparation physique”. Editions Amphora

Guy THIBAULT (2009). Entraînement cardio. Ed. Géo Plein Air.

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