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“En-tendons”-nous bien, qu’est-ce qu’une tendinite? Comment la soigner?

Une tendinite n’est ni plus ni moins qu’une succession de micro-déchirures du tendon. En plus d’un repos salvateur, il faudra impérativement adapter les efforts lors de la période de ré-athlétisation à la future pratique envisagée. Tout cela permettra d’éviter une cicatrisation anarchique des fibres qui ne redonnerait pas les propriétés élastiques indispensables à son bon fonctionnement.

Le tendon qu’est-ce que c’est?

Le tendon est un tissu conjonctif différencié, très peu vascularisé interposé entre l’os et le muscle avec lequel il forme un couple indissociable sur le plan fonctionnel. Sa structure, riche en fibres de collagène est parfaitement adaptée aux forces de tractions dont il est souvent victime. C’est une structure qui est loin d’être inerte, il vit, se modifie, se régénère, se répare… En période de surmenage, (liée à la pratique sportive ou professionnelle) il peut perdre ses qualités mécaniques, se détériorer, voire même rompre. Le plus visible, à l’arrière de la cheville, est le tendon d’Achille. Tous sont composés d’un tissu très riche en fibres, ce qui leur permet de transmettre aux os les mouvements provoqués par les muscles.

Qu’est-ce qu’une tendinite?

La tendinite est un terme générique qui caractérise l’inflammation de ces tendons. L’inflammation est provoquée par une utilisation excessive du tendon, au cours de mouvements répétés, ou par des micro-traumatismes qui peuvent être provoqués lors de la pratique de certains sports. Elle entraîne des douleurs lors des mouvements, et parfois même au repos. Elle fragilise le tendon et peut aller jusqu’à une véritable déchirure tendineuse, voire musculaire.

Certaines localisations sont plus fréquentes que d’autres : l’épaule (avec le biceps et le muscle sus-épineux), le coude (avec la tennis-elbow, ou épicondylite), le poignet ou encore certains tendons de la main. Dans tous les cas, il faut arrêter de faire le mouvement responsable de la tendinite, éventuellement prendre des anti-inflammatoires pour soulager la douleur. L’application de glace ou de chaleur et les massages peuvent faire du bien.

Que faut-il faire en cas de tendinite?

A la suite d’une lésion tendineuse, l’équilibre physiologique dépendra de multiples facteurs : des charges adéquates, un état nutritionnel optimum et un matériel adapté. Grossièrement, il faudra distinguer trois périodes après la période de convalescence. Dans un premier temps il faudra proposer des contraintes mécaniques douces (pourquoi pas dans l’eau ou sur un vélo pour être en décharge selon votre activité, ou réduire la vitesse d’exécution des gestes), puis dans un deuxième temps réhabituer le tendon à sa fonction lors de l’activité par un travail excentrique (il s’agit là d’une période souvent encadrée par un kinésithérapeute), où le tendon est étiré mais toujours avec des contraintes inférieures à celles que l’on retrouvera dans l’activité. Enfin le retour à l’activité peut être fait à des vitesses plus lentes avant de retrouver une activité normale.

Que faut-il manger et boire?

Nous ne cessons de répéter sur le site que la performance (au sens large du terme) n’est qu’un équilibre entre entrainement  récupération alimentation et hydratation. La réparation de la tendinite ne contourne pas ces fondamentaux. Le tendon retrouvera toute son élasticité d’autant plus facilement que nous l’aiderons par une bonne alimentation et hydratation, notamment en évitant l’accumulation de micro-cristaux ou d’acidité (synonymes de calcification du tendon) qui auront tendance à déchirer à nouveau les fibres tendineuses. En ces périodes de convalescence encore plus que de manière générale, il faudra éviter les viandes rouges, les sodas, les fromages à pâte cuite, ou mêmes les sucreries. Attention, ne faites pas l’amalgame avec certains fruits et légumes ou mêmes avec des agrumes comme le citron, acides au gout mais transformés chimiquement dans l’organisme pour devenir totalement alcalins.

Un apport adapté en minéraux est essentiel : silice, zinc, cuivre qui sont des substances électriquement chargées, contribuant à relier les fibres entre elles et permettant un meilleur coulissage, pour que le tendon retrouve ses qualités mécaniques. De plus, la silice aurait des vertus drainantes qui favoriseraient l’élimination des micro-cristaux, ce qui est indispensable car ces tendons aussi appelés “cul-de sac”, ont du mal à éliminer les mauvais minéraux accumulés tels le calcium.

Ici encore une bonne hydratation avec des eaux alcalines, telles que le Badoit ou Vichy, seront bénéfiques au drainage et à l’élimination des déchets.

Il est parfois difficile de trouver le bon équilibre pour guérir les tendinites, mais en étant patient et attentif à son activité, il s’agit d’une blessure dont on sort indemne.

A très bientôt,


Julien V.

 

 

 

 

Élongation? Claquage? Comment faire la différence?

Élongation? Claquage? Comment faire la différence?

Dans le jargon sportif, beaucoup d’amalgames sont fait quand à l’utilisation de certains. Après l’article sur les courbatures et les crampes, en voici un qui vous permettra j’espère de différencier une élongation d’un claquage. Bonne lecture à tous.

L’élongation

L’élongation est un allongement traumatique du muscle où il y a atteinte du tissu conjonctif qui entoure le muscle. La douleur se manifeste à la contraction du muscle, à l’étirement et à la palpation. Les muscles de l’arrière de la cuisse, les ischio-jambiers, sont les plus susceptibles de subir une élongation.

Les causes : 
L’élongation survient durant une sollicitation excessive à la limite de l’étirement du muscle.

Comment l’éviter ? 

– Bien préparer son organisme à l’effort avec un échauffement progressif des muscles,

– Boire avant, pendant et après l’effort par petites quantités,

– Ne pas augmenter brutalement l’intensité dans la pratique de votre sport. En y allant progressivement, on laisse au corps le temps de s’adapter,

– Maintenir une bonne hygiène de vie (alimentation, sommeil) pour favoriser la bonne santé du muscle,

– Maintenir un poids de forme par une activité régulière (le surpoids ou l’obésité peut entraîner une contrainte ou une tension sur les muscles),

– Faire régulièrement des exercices pour travailler la souplesse.

Comment récupérer?
Au cours des 3 jours qui suivent l’élongation, respecter le protocole RICE.
– Repos : arrêter l’effort et utiliser le membre blessé selon la tolérance pour éviter une aggravation de la blessure.
– Ice (froid) : appliquer du froid le plus tôt possible pour limiter l’inflammation. Le froid soulage la douleur et réduit l’inflammation en resserrant les vaisseaux sanguins.
– Compression : poser sur la zone atteinte une bande adhésive élastique pour limiter les mouvements et réduire l’inflammation. Ne pas serrer trop fort pour ne pas couper la circulation sanguine.
– Elevation : Maintenir le membre blessé en position surélevée, si possible pendant deux à trois heures chaque jour, jusqu’à ce que la douleur et l’inflammation diminuent. L’élévation et la compression limitent le gonflement et l’accumulation de fluide autour de la zone blessée.
Consulter un médecin qui vous prescrira un traitement ou des séances de (masso-) kinésithérapie selon la gravité de l’élongation. Un strapping est recommandé en prévention des récidives pour une reprise de son activité progressivement et en confiance.

Le claquage 

Le claquage est un allongement traumatique grave du muscle avec lésion de nombreuses fibres musculaires. Le terme claquage vient du fait qu’un « clac » peut être audible. Généralement c’est ou au niveau de la jonction muscle tendon (quelques centimètres au dessus) ou au niveau du corps musculaire que se situent le plus fréquemment les lésions.

Causes : 
Le claquage survient durant une sollicitation excessive à la limite de l’étirement du muscle ou à la suite d’une contraction trop forte du muscle.

Comment l’éviter ? 
– Bien préparer son organisme à l’effort avec un échauffement progressif des muscles,

– Boire régulièrement par petites quantités,

– Ne pas augmenter brutalement l’intensité dans la pratique de votre sport. En y allant progressivement, on laisse au corps le temps de s’adapter.

– Maintenir une bonne hygiène de vie (alimentation, sommeil) pour favoriser la bonne santé du muscle,

– Faire régulièrement des exercices pour travailler la souplesse.

Comment récupérer ? 
En cas de claquage : respecter le protocole RICE.
– Repos : arrêter l’effort et utiliser le membre blessé selon la tolérance pour éviter une aggravation de la blessure,
– Ice (froid) : appliquer du froid le plus tôt possible pour limiter l’inflammation. Le froid soulage la douleur et réduit l’inflammation en resserrant les vaisseaux sanguins.
– Compression : poser sur la zone atteinte une bande adhésive élastique pour limiter les mouvements, réduire l’inflammation. Ne pas serrer trop fort pour ne pas couper la circulation sanguine,
– Elevation : Maintenir le membre blessé en position surélevée, si possible pendant deux à trois heures chaque jour, jusqu’à ce que la douleur et l’inflammation diminuent. L’élévation et la compression limitent le gonflement et l’accumulation de fluide autour de la zone blessée,
– Consulter un médecin qui vous prescrira un traitement ou des séances de kinésithérapie selon la gravité de l’élongation,
– En cas de déchirure musculaire et après diagnostic médical, respecter un temps de repos et de soins (masso-kinésithérapie et autre professionnel de santé) s’échelonnant entre 3 et 6 semaines d’arrêt de sport.
– Reprendre progressivement les exercices en force et en vitesse, en restant vigilant sur les exercices en allongement lourds et les flexions qui sont les plus contraignantes.

Conclusion :

Du fait des causes similaires, on peut comprendre pourquoi l’amalgame et souvent fait entre ces deux notions. Pour autant elles méritent d’être distinguées car les durées de récupération d’une élongation et d’un claquage ne sont pas les mêmes. En espérant qu’aucun d’entre-vous n’aura à faire ou refaire cette douloureuse expérience.

Julien V.santé claquage gp1

Crampe ou courbature? Quels symptômes? Quelle solutions ?

Crampe ou courbature? Quels symptômes? Quelle solutions ?

Au cours ou à la suite d’une séance de sport, quelques douleurs ou sensations désagréables sur certains muscles peuvent apparaître. Qu’en est-il? Doit-on arrêter l’activité physique, consulter un médecin, ou au contraire reprendre comme si de rien n’était? S’agit-il de crampes ou de courbatures, ou même d’un symptôme plus grave? Comment identifier ces symptômes et les différencier?

Qu’est-ce qu’une crampe? 

La crampe est une contraction involontaire, douloureuse et passagère du muscle. Quand une crampe se déclenche, on perd momentanément la mobilité des articulations liées au muscle. La crampe est fréquente chez le sportif, et sans gravité, mais elle peut provoquer des contractures voire des lésions du muscles du fait de la violence de la contraction.

Les causes : 
Les facteurs déclencheurs de la crampe sont souvent la fatigue (du système nerveux), faisant suite à un effort trop intensif, un mauvais échauffement, une mauvaise préparation ou une déshydratation.

Pour les éviter : 
– Bien préparer son organisme à l’effort avec un échauffement progressif des muscles.
– Boire avant, pendant et après l’effort par petites quantités. La prise d’une boisson de type isotonique permet une compensation des pertes en ions minéraux. (Ce sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article).
– Reconnaître les signes de fatigue et s’arrêter avant que les crampes n’apparaissent.
– Pratiquer éventuellement de légers étirements en douceur après l’effort dans le but d’un simple retour au calme (sans amplitude!).
– Respecter le principe de la progressivité de l’entraînement sportif.

Comment récupérer ?
En cas de crampe, étendre tant que possible le muscle en faisant le mouvement contraire à celui qui a causé la crampe.

Masser légèrement le muscle et appliquer du froid pour réduire l’inflammation et les lésions créées par la violence de la crampe.

Qu’est-ce qu’une courbature?

Les courbatures sont des douleurs musculaires généralement sans gravité, suite à un effort important. Les douleurs liées aux courbatures apparaissent effectivement de quelques heures à 24-48h post exercice. Selon les personnes, elles sont en général encore plus douloureuses le lendemain et le surlendemain de l’effort. Elles disparaissent progressivement en une bonne semaine.

Les causes : 
La douleur est liée aux micro-traumatismes musculaires générés par un effort intensif. Certaines pratiques favorisent les courbatures, comme les courses en pente descendante, ou les mouvements où le muscle est sollicité pour freiner un mouvement, ainsi que les mouvements où le muscle lutte contre l’apesanteur. La condition physique de la personne et son habitude à un type d’effort particulier sont également des facteurs importants.

Pour les éviter : 
– Bien préparer son organisme à l’effort avec un échauffement progressif des muscles.
– Boire avant, pendant et après l’effort par petites quantités.
– Ne pas essayer de dépasser ses limites. Savoir modérer ses efforts en fonction de son niveau d’entraînement et reconnaître les signes de fatigue.
– Réaliser des exercices excentriques lors d’une séance en début de saison peut permettre de mieux se protéger des courbatures.

Comment récupérer ? 
En cas de courbatures, vous pouvez reprendre votre activité. Cela peut même aider à réduire la douleur, mais ne pas forcer. En cas de courbatures prononcées, le muscle se protège par des contractures réflexes.

L’application de chaud peut alors aider à détendre le muscle. La prise de médicaments analgésiques peut également être faite.

Conclusion :

Ces indices pourront vous aider à faire la différence entre les différents symptômes pour adapter votre attitude pendant et après l’effort. Dans tous les cas, gardez à l”esprit que les courbatures et crampes ne sont en aucun cas des signes d’un entraînement efficace, bien au contraire. Ils sont pour vous l’indice d’une intensité excessive lors de votre séance.

Bonne séance.

Julien V.aviron-cyril-tire-crampe-bourges-L-1

Le tendon rotulien : le sujet de nombreux maux!

Le tendon rotulien : le sujet de nombreux maux!

Suite à vos questions, voici un article qui pourra éclairer certains d’entre-vous sur l’apparition de douleurs aux genoux. Cet article tiré du site médical du Dc Jean Etienne Perraudin vous expliquera simplement d’où peut provenir la douleur, qu’elles peuvent en être les causes et comment adapter sa pratique pour soigner cela. Encore une fois, gardez en tête que l’arrêt total de la pratique physique n’est pas à préconiser, en revanche une adaptation est indispensable.

Qu’es-ce qu’un syndrome rotulien?

C’est l’ensemble des symptômes liés à la souffrance du cartilage de la rotule. Ces symptômes sont aussi divers que douleurs, craquements, blocages, dérobements… L’évolution et l’intensité des symptômes sont très variables . La gène apparaît souvent après un changement de rythme, un traumatisme, une intervention chirurgicale . Un patient porteur d’une usure évoluée du cartilage des deux rotules (arthrose) peut ne pas être gêné ou n’être gêné que par un seul des deux genoux : il n’y a donc pas de parallélisme entre les lésions et la gêne ressentie.

Quels sont les facteurs qui déclenchent l’apparition de ce syndrome?

La rotule est un maillon du système extenseur du genou : le quadriceps (le muscle de la cuisse) se fixe sur la rotule, elle-même attachée au tibia par le tendon rotulien. La contraction du quadriceps tire la rotule vers le haut et en l’appliquant sur le fémur entraîne l’extension de la jambe.

Si les tendons des ischio-jambiers sont raides, ils résistent à l’extension et le quadriceps doit tirer plus fort sur la rotule ce qui augmente donc la pression sur le cartilage rotulien. La rotule est donc prise en “sandwich” entre le quadriceps et les ischio-jambiers.

Une explication possible de l’apparition du syndrome rotulien est la survenue d’un changement de rythme physique (choc, traumatisme du genou, surentraînement, changement de chaussures, intervention chirurgicale sur un membre inférieur,déménagement, …) qui rompt cet équilibre entre les systèmes extenseur(quadriceps) et fléchisseur (ischio-jambiers).

Lorsque le cartilage rotulien devient sensible, la contraction du quadriceps sur le genou plié provoque la douleur : Le quadriceps ne peut alors fonctionner normalement et il perd de son volume, ce qui aggrave le déséquilibre.

Pourquoi la rééducation ?

La faiblesse du quadriceps entraîne la prédominance des muscles fléchisseurs du genou (les ischio-jambiers) qui peuvent devenir douloureux (douleur derrière le genou). Cette raideur des fléchisseurs augmente le travail de l’extenseur (le quadriceps) lors de la marche (à plus forte raison lors de la montée des escaliers). La rotule se retrouve coincée entre les deux systèmes, extenseur et fléchisseur, ce qui augmente la pression sur le cartilage rotulien et donc les douleurs et le syndrome rotulien.

De la même façon, en fin de journée, le genou peut se dérober, flotter (impression de faiblesse), partir en avant ou en arrière.

Les principes de la rééducation :

Etirements des différents muscles et tendons du genou en insistant surtout sur les ischio-jambiers (muscles fléchisseurs du genou) sont fortement recommandés.

Il faut apprendre ces exercices d’étirements et prendre l’habitude de les faire chaque jour. Travailler le quadriceps en isométrique (simple contraction du muscle sans entraîner le déplacement, sans résistance) et en piscine :

Une bonne activité physique consiste à nager en faisant des battements de crawl dans l’axe (crawl, dos crawlé pour s’échauffer puis sur le dos sans les bras avec ou sans planche).

Puis, lorsque vous vous en sentirez capable, reprenez les activités que vous aimez, sans chercher la douleur et avec une idée essentielle : être progressif dans la reprise. Si la douleur revient, il vaut mieux arrêter et reprendre votre rééducation.

Dans la vie quotidienne en période douloureuse:

– évitez temporairement les gestes qui font “mal” (pendant le geste ou les jours qui suivent) jusqu’à l’amélioration de votre douleur.

– portez éventuellement une genouillère à fenêtre rotulienne,

– marchez le genou verrouillé en extension active, ce qui permet de mettre au repos la rotule, de faire travailler son quadriceps en “isométrie”, d’étirer les muscles postérieurs et d’éviter les « lâchages ». Et ceci à chaque pas…

Dans le cas d’une crise douloureuse aiguë (blocage), ne pas hésiter à contacter votre médecin généraliste pour des médicaments (antalgiques ou anti-inflammatoires) et une nouvelle ordonnance de rééducation.

Lorsque vous irez mieux, il faut se méfier:

-du piétinement, de la descente des escaliers,

-se méfier de la brasse (à éviter si votre genou est douloureux)

-se méfier des randonnées en montagnes (la montée se passe bien, la descente est douloureuse; grand intérêt des bâtons télescopiques…).

-se méfier du vélo, certains le supporteront très bien (si progressif), d’autres non.

Bon courage à toutes les personnes atteintes. Bonne rééducation.

Référence :

D’après un article du Docteur Jean Etienne Perraudin (http://www.docteurperraudin.com/douleurrotulienne.htm)

Le syndrome de l’essuie-glace. Il s’agit toujours de sport?

Le syndrome de l’essuie-glace. Il s’agit toujours de sport?

Suite à vos questions, penchons nous aujourd’hui sur une douleur spécifique liée à la pratique sportive. Ne vous trompez pas, Nous restons dans le domaine du sport, quand nous abordons le syndrome de l’essuie-glace. Sous ce terme original se cache une dénomination plus scientifique : le syndrome de la bandelette ilio-tibiale.

 

 

Rappels anatomiques

D’une façon simplifiée, cette bandelette ilio tibiale est une large bande fibreuse qui descend le long de la face externe de la cuisse. En haut, au niveau du bassin, elle correspond à la prolongation d’un muscle (tenseur du fascia Lata), mais également d’une membrane (aponévrose fémorale superficielle) directement en relation avec les muscles fessiers.
Cette bandelette est perceptible sous la peau. Elle descend vers le genou pour contourner sa face externe et aller s’insérer sur un relief osseux sur le tibia (tubérosité de Gerdy). Le rôle de cette bandelette est de stabiliser et renforcer le compartiment externe du genou.
Lors des mouvements de flexion extension du genou, l’insertion basse pivote d’avant en arrière sur la face externe du tibia, et frotte contre la tubérosité osseuse, source d’inflammation du tendon.

Description, traitement et prévention :

Elle  présente quelques particularités. Au repos, lors de la marche, lors d’activités sportives qui nécessitent des courses irrégulières, comme le tennis, le basket, ou même lors de certaines activités en charge telle que le ski, il n’existe aucune douleur. Mais on la rencontre fréquemment lors de certaines activités sportives, telles la course à pied, le vélo, la marche en descente en montagne.

Le début est souvent insidieux, sous forme d’une douleur modérée sur la face externe du genou, n’apparaissant qu’au cours des longues sorties de course à pieds ou de vélo, lors d’une fatigue importante, ou de sollicitations soutenues, mais ne laissant aucune trace dès la fin de l’entraînement. Puis la douleur survient pour des kilométrages de plus en plus faibles, et persiste après l’effort. La douleur peut parfois réapparaître lors de la marche ou la montée des escaliers.

Cette douleur est déconcertante, car elle est perçue suffisamment vive pour limiter l’entraînement, mais disparaît presque spontanément, autorisant dès le lendemain une séance difficile sans qu’elle ne réapparaisse!

L’examen médical recherchera dans un premier temps l’absence de signe ligamentaire ou méniscal. Différentes manipulations permettent d’évoquer le diagnostic, dont le test de Renne qui consiste à réveiller la douleur par un appui unipodal genou fléchi à 30/40°.

Certaines anomalies morphologiques telles que le genu varum/valgum représentent des facteurs de risque, et devront être identifiées pour envisager une correction orthopédique.  L’ examen podologique qui peut déboucher sur la prescription de semelles orthopédiques de correction est donc indiqué. Le contrôle de la chaussure de sport est également essentiel.

Comme toutes les tendinites, ce syndrome est sensible à la physiothérapie et anti-inflammatoires, associés à un repos sportif relatif, parfois une simple diminution du kilométrage dans les stades précoces.

Comment prévenir ?

Cette bandelette est le lieu de convergence de plusieurs tensions musculaires, que ce soit lors des efforts ou pour le maintien de l’équilibre.
Il faut assurer une bonne souplesse de l’aponévrose fémorale superficielle, par des étirements adaptés du quadriceps, sans oublier le grand fessier qui s’insère aussi sur cette aponévrose et contribue ainsi à sa plasticité.

En cyclisme, ce syndrome peut être aussi révélateur d’une technopathie, en rapport par exemple avec une position ou une hauteur inadaptée de la selle qui accentue l’angle de fermeture du genou en flexion. Il peut s’agir également d’une rotation exagérée du tibia sous le genou par des cale-pieds mal réglés.

Conclusion :

Il ne faut évidemment pas laisser cette douleur s’installer et chercher rapidement dans notre pratique ce qui ne convient plus à notre organisme. Les causes peuvent être nombreuses (nous en avons donné quelques unes dans cet article). A vos marques, prêts, cherchez! et surtout trouvez! Les douleurs qui s’insallent sont toujours pus longues à faire disparaître.

Julien Vidal,

Références :

Dr Frédéric Maton, médecin du sport,

www.genou.com

 

La crampe, un sujet controversé!

La crampe, un sujet controversé!

Parmi les désagréments qui accompagnent la pratique sportive, la survenue de crampes pendant l’effort est certainement la plus connue. Sportifs du dimanche ou athlètes de très haut niveau, personne n’est épargné. Cette contraction musculaire involontaire est handicapante et pousse les plus courageux à l’arrêt de l’effort.

Mais quelle est la cause de cette douleur ? On a longtemps pensé que l’acide lactique, la déshydratation et la perte de sels minéraux contenus dans la sueur (sodium, potassium) étaient responsables. La prise de boisson enrichie de ces mêmes sels minéraux devait donc apporter une solution adaptée. Sauf que cela ne résout rien ! La cause des crampes est donc ailleurs.

 

Des origines multiples et incertaines.

Une crampe est donc une contraction musculaire involontaire  qui perdure et qui devient douloureuse. Elle survient généralement en fin d’effort et se trouve localisée sur les muscles qui ont été particulièrement sollicités. Elle peut aussi apparaître soudainement pendant la phase de récupération. La causalité entre effort et crampe est donc évidente.

Mais l’origine des crampes renvoie à des phénomènes multiples, complexes et pas toujours bien éclairés. Parmi les hypothèses explorées, le système nerveux (ou la commande motrice) pourrait bien jouer un rôle non négligeable en perturbant les signaux de contractions musculaires sous l’effet de la fatigue. Ainsi, notre cerveau ne serait plus capable, au bout d’un moment, d’interpréter correctement les signaux qui permettent le contrôle nerveux des tensions musculaires. Tout se passe comme si les réflexes d’inhibition réciproques entre les muscles agonistes et antagonistes ne fonctionnaient plus. Le cycle contraction-relâchement est perturbé. Des muscles qui devaient normalement se relâcher, ne le sont plus.

Les sels minéraux et l’acide lactique ne seraient pas en cause.

Lorsque l’effort réalisé s’accompagne d’une sudation importante, il était légitime de penser que la perte de sels minéraux pouvait être responsable des crampes. Mais des chercheurs ont observé qu’il n’y avait aucune corrélation entre la déshydratation, la diminution des réserves de sels minéraux et l’apparition de crampes chez des sportifs participant à des épreuves d’endurance. Une étude met également en évidence que, chez les athlètes ayant des crampes en fin d’effort, la concentration sanguine en potassium est plus élevée que chez ceux qui n’avaient pas de crampes. On voit donc ici l’effet contre-productif que pourrait avoir une supplémentation en potassium.
De la même façon, on a mesuré le taux de lactate sanguin chez des athlètes participant à différents types d’effort et l’on a constaté que lors d’efforts intenses qui produisent de grandes concentrations de lactate, il n’y avait pas forcément de crampes. A l’inverse, lors d’efforts de très longue durée, les concentrations en lactate sont à peine plus élevées qu’au repos, pourtant les crampes sont nombreuses.

Comment éviter les crampes ?

La réponse résiderait dans l’entraînement. Il s’agit de confronter son organisme aux états de fatigue perturbateurs afin de favoriser les adaptations favorables de notre système nerveux, à la poursuite de l’effort. Il sera aussi nécessaire de respecter les règles élémentaires de progressivité et de régularité dans la préparation.

Si la fatigue génère une augmentation du tonus musculaire, les étirements sur les muscles qui sont particulièrement sujets aux crampes seront les bienvenus. Dans ce cas, lorsque la phase d’adaptation musculaire sera passée (pas de risque de courbatures), après quelques semaines, faites des étirements de type contracté-relâché-étiré, plus efficaces pour abaisser le tonus musculaire en fin d’entraînement, particulièrement sur les mollets et les ischio-jambiers. Mais n’en déduisez pas non plus qu’il ne sert à rien de boire pendant l’entraînement ! Pour un tas de raisons, l’hydratation est indispensable.
On voit donc que le cerveau est largement impliqué dans les différentes manifestations de la fatigue. Quand certains sportifs disent que « c’est dans la tête », peut être n’ont-ils finalement pas tort !

Julien V.

Références :

Maquet, Ziane. “Sport, santé, préparation physique”. Editions Amphora

Guy THIBAULT (2009). Entraînement cardio. Ed. Géo Plein Air.